Cette année, trois participants au projet Poème d’un jour ont rédigé des billets spécialement pour BAnQ, afin de partager leur expérience, leurs réflexions et quelques-uns de leurs haïkus avec nous. Tout au long de l’été, vous aurez donc le plaisir d’apprendre à connaître un peu mieux ces auteurs.

Vous trouverez ci-dessous le témoignage de notre premier auteur, Siou.
Bonne lecture!

Poème d'un jour

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À propos de Siou, camelot de L’Itinéraire travaillant près de la rue Bordeaux et de l’avenue Mont-Royal :

Je suis un vagabond dans ma tête. Mes idées vont et viennent librement. Mon travail actuel est de canaliser ma tempête pour créer le beau temps qui m’amènera à accomplir le meilleur de moi-même. Je suis un artiste, un poète, un musicien.

Le haïku : sortir de ma bulle
Pour moi, le haïku est un moment bref attrapé au vol, comme un papillon. Épinglé par des mots sur du papier. En écrire a apporté quelque chose de bénéfique à mon quotidien. Ça m’a amené à mieux observer les choses qui passent si vite autour de moi. Ça m’invite aussi à m’impliquer dans l’espace, l’environnement immédiat. Le haïku me permet de sortir de ma bulle, car mon trouble anxieux m’amène à marcher dans la rue en étant souvent fermé sur moi-même. Je réussis maintenant à être parfois un peu plus présent, dans le moment, tout en étant en lien avec mes émotions.

L’hiver
Dans le cadre de l’atelier, on nous a proposé d’écrire sur les saisons. Au final, je me suis aperçu que j’avais surtout écrit sur l’hiver. L’hiver, c’est la lourdeur des vêtements, l’humidité de Montréal, la chaleur suffocante des transports en commun qui succède au froid glacial de la rue. C’est le manque de lumière. C’est une saison où mes émotions sont fortes, difficiles, où elles tombent facilement dans la sloche :

la neige crisse sous mes pas
je chante pour m’encourager
et ma voix craque