« Tourisme Montréal estime que le FIJM est l’un des « événements phares » de Montréal.

« Sa programmation de grande qualité et son animation urbaine unique participent à la réputation de Montréal à titre de grande ville culturelle et touristique », a indiqué Yves Lalumière, PDG de Tourisme Montréal, dans une déclaration écrite. », inscrivait le journaliste Vincent Brousseau-Pouliot dans un article de La Presse en 2018.

 

Le catalogue numérique de BAnQ détient des milliers de documents sur ce festival tant aimé par les Québécoises et Québécois, mais aussi par les touristes qui se font toujours nombreux à y assister. Il existe des articles de presse, des images, des vidéos, et des enregistrements audio, que nous avons étudiés afin de vous présenter l’histoire de cet événement montréalais majeur, au détriment de ne pouvoir y assister cette année. C’est Alain Simard, cofondateur du Festival International de Jazz de Montréal et des FrancoFolies de Montréal, qui a fait don des archives de Spectra à BAnQ Vieux-Montréal.

 

Les documents, datant d’aussi loin que la première année du festival en 1980, nous permettent de replonger dans toutes ces éditions, et de voir l’évolution d’une esthétique de plus en plus colorée.

 

Et quelle édition que celle de 1980 ! L’affiche, alors en noir et blanc, annonce la programmation des 8 jours de musique à venir ; ce n’est nulle autre que Ray Charles qui ouvre le bal, accompagné des Raelettes et du Ray Charles Orchestra. De cette année-là, nous conservons les captations intégrales des concerts de Ramsey Lewis et de Vic Vogel et son Big Band, soit deux heures d’un jazz incroyable.

 

Avançons de quelques années pour arriver en 1983 : Sarah Vaughan célèbre le premier juillet, accompagnée de Mike Wofford (piano), Andy Simpkins (contrebasse) et Harold Jones (batterie). Lors de cette prestation filmée au Théâtre Saint-Denis, ils interprètent, entre autres, « Autumn Leaves », « I’m Glad There Is You », « World on a String », « If You Could See Me Now », « Just Friends », « Chelsea Bridge », « East of the Sun ». Le public, hypnotisé par la voix de celle que le journal Ici radio FM surnomme « la divine », reste extrêmement sage pendant les morceaux, et n’applaudit qu’une fois ceux-ci finis, comme s’il craignait de déranger la performance magistrale qui se déroule devant ses yeux.

 

En 1985, c’est Miles Davis qu’accueille le théâtre Saint-Denis, pour la 6e édition du festival. Le trompettiste montre toute l’étendue de son talent lors d’un concert d’une heure, dont nous conservons également l’enregistrement grâce aux archives numériques de BAnQ. C’est la troisième fois que Miles Davis participe au festival. Léonce Gaudreault, journaliste du journal Le Soleil, écrit « En nous présentant vendredi, ce Miles Davis, troisième édition, la direction de ce sixième festival a fait plus que de nous offrir ce cadeau, elle a peut-être permis à ce musicien, à ce possédé, d’aller plus loin encore dans sa qu’être de l’absolu. »

 

Depuis 40 ans, le Festival de Jazz fait vivre à son public, année après année, des expériences musicales uniques et mémorables. L’édition 2020, qui devait débuter le 25 juin, a dû être remplacée par une version numérique à cause de la crise de la COVID-19. En attendant le retour de cet événement chéri l’an prochain, nous nous consolerons en revisitant ses archives. Tous les documents cités, ainsi que des milliers d’autres, sont disponibles à la consultation en ligne via le catalogue numérique de BAnQ.